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Identité du Parc

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Un territoire attractif mais fragilisé

Carte stylisée

Depuis ces 20 dernières années, c’est justement la situation géographique de ce territoire, ses paysages de lumières et de soleil, son terroir, ses patrimoines abondants et sa culture provençale qui sont tour à tour, au cœur de l’altération grandissante de ce lien précieux.
Le parc régional des Alpilles est directement dans l’aire d’influence métropolitaine marseillaise et au croisement des axes réunissant Avignon, Salon-Aix et Arles-Nîmes.

Ainsi, carrefour méditerranéen des cultures pour les uns, ce territoire est d’abord le carrefour stratégique de développement d’infrastructures pour les autres : lignes à haute tension, autoroutes, TGV… combien de combats ont permis d'éviter jusqu’ici le pire, dans un contexte national et international de développement rapide des axes reliant l’Europe du Sud à celle du Nord.

Territoire enclavé dans un réseau autoroutier en recherche de pénétrantes, son accessibilité le place directement sous la pression de près de 2.5 millions d’habitants dans un rayon de 80 km, et entraîne dans une société en quête d’authenticité et d’espace, deux premières conséquences nettement plus sensibles depuis ces 15 dernières années :

  • une nouvelle pression foncière émane d’une population travaillant à la ville en quête de plus de quiétude mais dans un environnement proche, et dont le diagnostic démontre la part déterminante dans l’accroissement démographique
  • et un développement de la fréquentation sur un espace naturel et avant tout rural trop petit, trop fragile et trop loin des préoccupations citadines et des besoins de consommation de nature et de loisirs.

Mais au delà de cette influence de proximité et de sa situation géographique, ce territoire a commencé à payer, et chaque jour un peu plus, un lourd tribu à sa beauté, à sa culture, à son identité provençale et à son environnement méditerranéen : l’attrait qu’il représente pour des amoureux de cette Provence venus de France et du monde entier, n’engendre pas qu’une économie touristique encore viable. Les premiers signes directs de disfonctionnement sont ainsi apparus il y a plus de 20 ans …

  • recherche de lieux d’exception en plein cœur du territoire, pour construire clubs, villages de vacances et autre complexes touristiques d’ampleur par de grands groupes de loisirs, safari ornithologique en période de reproduction des espèces organisé ici, la commercialisation des traversées des Alpilles en période à haut risque de départ de feu, et plus loin débarquement d’un bus entier en plein village pour photographier des habitants en guise d’autochtone,
  • anciens cabanons dans les espaces naturels détournés en résidence secondaire à force d’extensions,
  • mas acheté à prix d’or mais rapidement détourné de sa vocation agricole

…auxquels s’ajoutent aujourd’hui une pression et une spéculation foncière qui touche chacun des villages, parfois dans des proportions démesurées : ainsi, la moindre maisonnette est soumise à la demande de résidences secondaires de la part d’une population à fort pouvoir d’achat face à laquelle les habitants ne peuvent rivaliser.

Les conséquences touchent lentement mais sûrement chaque maillon de cette alliance si précieuse entre l’homme et son territoire de vie :

Patrimoine bati Motoban
  • menace de l’identité rurale du territoire, de ses paysages riches en diversité biologique et en ressources, de son histoire sociale et de la culture éminemment liés à la terre. En effet, les agriculteurs et les éleveurs, déjà fragilisés par le contexte international, soit se voient proposer en une fois ce qui aurait été économisé en 10 vies, soit ne peuvent plus accéder à cette terre nourricière devenue trop chère pour les jeunes et si accessibles pour ceux qui ne souhaitent pas la cultiver.
  • menace de l’équilibre économique et donc social, face à des entreprises ou des exploitations en mal de recrutement du personnel nécessaire, qui ne peuvent plus loger leurs salariés contraints d’habiter de plus en plus loin.
  • menace de la mixité sociale et de la vie des villages, avec le départ des jeunes, des familles vers des régions moins chères, avec la fermeture des maisons pendant toute une saison, entraînant avec elles les commerces de proximité supplantés par des galeries ou des boutiques de souvenirs et détruisant peu à peu cette « rue (…) cordon ombilical qui relie l’individu à la société » (Victor Hugo).

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