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Aqueducs antiques

Les Alpilles recèlent parmi leur patrimoine archéologique, d'exceptionnels vestiges d'aqueducs et de meunerie antiques, objet de découvertes, de fascinations et de recherches scientifique au coeur de l'histoire antique du massif et des hommes, révélant son rapport à l'eau et aux sources.

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Les aqueducs des Alpilles

Acqueducs romains

Site mondialement connu situé en limite sud du massif, les moulins de Barbegal sont le monument hydraulique le plus important des Alpilles. Mais sa célébrité ne doit pas occulter le reste d’un riche patrimoine hydraulique dont l’élément essentiel est constitué par les deux aqueducs romains qui en longent les versants nord et sud, pour alimenter l’un la colonie romaine d’Arles, l’autre les moulins de Barbegal. Ce patrimoine comporte également une série d’ouvrages qui assuraient l’alimentation en eau des habitants du massif

Le massif des Alpilles était encadré au nord et au sud par deux aqueducs dont les tracés se rejoignaient au Vallon des Arcs à l’amont de Barbegal.


La meunerie de Barbegal et le patrimoine enfoui de la vallée des Baux

Dans un premier état, les deux aqueducs se rejoignaient au Vallon des Arcs où un bassin fouillé en 1990 en assurait la convergence. Ce bassin a perdu sa fonction lors de la construction des moulins de Barbegal au début du IIe siècle. Une prise d’eau située à quelques mètres du bassin dériva les eaux venant de la branche du sud des Alpilles vers le chaînon de la Pène qui offrait une pente propice à l'utilisation optimale de la force hydraulique motrice.

Envisager dans la longue durée les ressources hydrauliques dans les Alpilles

Les autres vestiges archéologiques relevant du patrimoine hydraulique des Alpilles posent des problèmes analogues à ceux du bâtiment de Barbegal.

La « Petite Provence » (Paradou)

Glanum

C’est d’abord le cas des installations hydrauliques visibles sur le site de la Petite Provence à Paradou sur le versant sud du massif. En 1989, on a découvert à La Burlande un bassin de convergence assurant la convergence de deux canalisations et le conduit dans lequel les eaux s’écoulaient. S’agissait-il des conduites venant de l’Arcoule et d’Entreconque et de la canalisation de l’aqueduc de Barbegal ? Cette interprétation se heurte à deux difficultés. D’une part, en effet la technique de construction (des blocs taillés en U) diffère de celle de l’aqueduc romain (un conduit maçonné). D’autre part, le débit des deux conduits paraît insuffisant pour alimenter le conduit visible dans le lotissement des Alpilles quelques centaines de mètres plus loin. Il est possible qu’il s’agisse de captages différents de ceux de l’aqueduc, peut-être antérieurs à sa construction.

Relier l’étude du patrimoine naturel et du patrimoine culturel

Village

L’existence de ces ouvrages témoigne de la manière dont la société romaine a tenté de résoudre le problème de l’alimentation en eau d’une grande ville. Le massif calcaire des Alpilles constitue un remarquable château d'eau, dont les ressources hydrauliques ont été largement exploitées dans l'Antiquité. Mais il convient d’en souligner les limites. Il n’était sans doute pas possible de répondre à la fois aux besoins d’une grande ville romaine et à ceux des occupants du massif. Des situations conflictuelles ont dû en résulter.

Il ne faut cependant pas exagérer l’importance de ces conflits qui n’ont pas dû dépasser le stade individuel. En effet, la construction de la branche nord de l’aqueduc d’Arles s’explique probablement par une prise de conscience précoce du caractère limité des ressources hydrauliques des Alpilles. Les calcaires hauteriviens ne présentent pas d’exutoires ; ils sont drainés par les alluvions de la Durance. Les ingénieurs romains n’ont donc pas cherché à recueillir les maigres filets d’eau qui sortent de ce côté du massif. Ils ont reconnu l’intérêt de la nappe qui s’écoule d’est en ouest dans le bassin de Saint-Andiol « avant de se mettre en charge sous les limons du secteur des Paluds-de-Noves » (Carte Géologique, Les Alpilles, p. 18).

Ainsi une recherche sur le patrimoine hydraulique des Alpilles présente l’heureux avantage de relier les patrimoines naturels et culturels, l’histoire naturelle des Alpilles et celle des sociétés qui y ont vécu.

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