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Envisager dans la longue durée les ressources hydrauliques dans les Alpilles

Les autres vestiges archéologiques relevant du patrimoine hydraulique des Alpilles posent des problèmes analogues à ceux du bâtiment de Barbegal.

La « Petite Provence » (Paradou)

Glanum

C’est d’abord le cas des installations hydrauliques visibles sur le site de la Petite Provence à Paradou sur le versant sud du massif. En 1989, on a découvert à La Burlande un bassin de convergence assurant la convergence de deux canalisations et le conduit dans lequel les eaux s’écoulaient. S’agissait-il des conduites venant de l’Arcoule et d’Entreconque et de la canalisation de l’aqueduc de Barbegal ? Cette interprétation se heurte à deux difficultés. D’une part, en effet la technique de construction (des blocs taillés en U) diffère de celle de l’aqueduc romain (un conduit maçonné). D’autre part, le débit des deux conduits paraît insuffisant pour alimenter le conduit visible dans le lotissement des Alpilles quelques centaines de mètres plus loin. Il est possible qu’il s’agisse de captages différents de ceux de l’aqueduc, peut-être antérieurs à sa construction.

Les captages des versant nord et sud

Aucune recherche sur les aqueducs ne peut être entreprise en dehors d’une étude systématique des captages existant, toute période confondue. Ce fait confère une valeur essentielle au travail de Maurice Pezet sur l’aqueduc d’Eygalières publié en 1947 dans les Mémoires de l’Institut Historique de Provence. Quelle que soit la validité des reconstructions auxquelles elle a abouti, cette recherche a conduit à réaliser un indispensable inventaire des ressources hydrauliques, préalable à leur histoire.

Ce travail n’a pas d’équivalent pour le versant sud. Mais, de ce côté, on connaît plusieurs anciens moulins (à Mas Méjean, à l’Arcoule,.…) tandis que les notices des cartes géologiques au 1/50 000 relèvent l’existence de sources dont le captage est attribué aux Romains. C’est le cas de la notice de la carte géologique Châteaurenard, 1/50 000 (XXX-42 Les Alpilles, 1977 (966), p. 18), selon laquelle « la galerie de captage romaine mise au jour dans la propriété du Mas de la Dame recueille des eaux issues des grès rognaciens mais suralimentées par les calcaires crétacés » et de celle d’Eyguières, XXX-43 Alpilles-sud, 1975 (993) qui énumère parmi les exutoires du flanc sud de l’anticlinal de Manville, les « sources des Calans, de la Bouche du Noyer, de Mausanne, de Manville et des Arcoules, anciens captages romains », ainsi que « à la pointe est du massif de Sousteyran … la source du lavoir de Fontvieille (Fons virus des Romains) ». C’est peut-être l’eau d’une de ces sources que conduisait une canalisation formée de blocs taillés en U observée au débouché du Gaudre du Destet entre Manville et Maussane.

Irrigation et drainage dans les Alpilles

Les aqueducs des Alpilles ont été créés dans un objectif urbain : assurer à la colonie romaine d’Arles la disponibilité d’une ressource dont l’abondance fait le charme de la ville romaine en même temps qu’elle contribue à sa salubrité. La construction des moulins ne changeait pas grand-chose à une situation qui assurait le privilège de la ville sur la campagne. La destination de la farine produit était également urbaine.
Mais les aménagements hydrauliques romains dans les Alpilles ne se réduisent pas pour autant à l’exploitation des ressources du massif au profit d’Arles. Les recherches archéologiques dont les Alpilles ont été l’objet ont démontré l’ancienneté du peuplement du massif. Elles ont mis en évidence les captages qui ont permis le développement de la ville de Glanum : des puits permettant d’atteindre les eaux circulant sous la ville, des canalisations amenant l’eau captée à l’amont et peut-être, si l’on en croit une hypothèse, l’eau d’un barrage de retenu situé dans un vallon à l’ouest. Ces eaux ont été également captées au profit de villas romaines.

Mais l’eau des Alpilles ne servait pas aux seuls habitats. Elle permettait l’arrosage des cultures. Le massif fournit un des premiers exemples régionaux d’irrigation. C’est en effet probablement à cet usage principal qu’était destinée l’eau du barrage de Glanum, de même que celle de barrages secondaires dont l’existence a été reconnue dans le vallon d’Auge où l’un d’eux est en relation avec une importante villa. Par ailleurs, c’est au contrôle de l’eau qu’il faut attribuer un petit ouvrage hydraulique d’un très grand intérêt : la galerie qui, partant sous l’autel de la Coquille assurait l’évacuation de l’eau excédentaire de la dépression (petit poljé) des Taillades sur la commune de Fontvieille.

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