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Les aqueducs des Alpilles

Acqueducs romains

Site mondialement connu situé en limite sud du massif, les moulins de Barbegal sont le monument hydraulique le plus important des Alpilles. Mais sa célébrité ne doit pas occulter le reste d’un riche patrimoine hydraulique dont l’élément essentiel est constitué par les deux aqueducs romains qui en longent les versants nord et sud, pour alimenter l’un la colonie romaine d’Arles, l’autre les moulins de Barbegal. Ce patrimoine comporte également une série d’ouvrages qui assuraient l’alimentation en eau des habitants du massif

Le massif des Alpilles était encadré au nord et au sud par deux aqueducs dont les tracés se rejoignaient au Vallon des Arcs à l’amont de Barbegal.

L’aqueduc nord

Épousant les courbes de niveau, le canal de l’aqueduc romain qui alimentait Arles peut être suivi sur le piémont nord du massif à l’est du village de Saint-Rémy au pied duquel il passe. Sur ce versant, il peut être observé en divers endroits, soit chez des particuliers qui en ont fait des réutilisations variables, soit dans les carrières qui en ont recoupé le tracé proximité de la chapelle Saint-Gabriel. Sur la commune de Fontvieille, il est bien visible en plusieurs endroits.

L’ouvrage mesure une cinquantaine de kilomètres de long. L’élément principal est constitué par un conduit voûté. Dans sa partie intérieure, le canal comporte deux murs formant piédroits et un radier. Construit en maçonnerie de blocage, il mesure en moyenne 0, 90 m de large et 1,15 m de haut pour l’aqueduc nord, 0,80 m sur 1 m pour l’aqueduc sud. Il est couvert par une voûte en berceau. Ces dimensions sont sensiblement inférieures à celles de l’aqueduc de Nîmes.

La topographie explique que sa construction n’ait nécessité que de rares ouvrages d’art au franchissement de vallons dont les deux plus importants sont les vallons de Pascal et d’Alméran sur la commune de Saint-Etienne. Dessiné au XIXe s., l’ouvrage du vallon de Pascal a disparu, ce qui souligne l’importance d’un plan de protection de ce patrimoine. Les ouvrages les mieux conservés se trouvent sur la commune de Fontvieille. Dans le secteur des vallons des Raymonds à l’ouest du site du Vallon des Arcs, on peut observer une remarquable série de quatre ponts aux vallons Simian, Charmassonne, Portau et Peissonniers).

C’est à cet aqueduc que servait l’un des deux ponts que l’on observe au Vallon des Arcs. Le pont occidental permettait en effet à la canalisation de gagner la crête qui domine la vallée des Baux. Il la suivait jusqu’à hauteur du château de Barbegal où s’amorçait un pont d’une vingtaine de mètres de haut dont un pilier subsiste à proximité du canal de la Vallée des Baux. Ce qui restait de cet ouvrage a beaucoup souffert durant les années récentes : un de ses piliers a été détruit en connaissance de cause par GDF lors de la réalisation du gazoduc Artère du Midi. Lors de l’inondation de 2003, le secteur où l’on observait les vestiges de deux piles a été remblayé avec du mâchefer amené de Fos pour stabiliser le sol lors de l’installation de grandes pompes.

L’aqueduc passe en souterrain dans la Crau où il peut être reconnu à partir de puits de creusement. Il gagnait la ville d’Arles en empruntant un itinéraire repris par le canal de Craponne dont les ouvrages ont entraîné sa destruction.

L’aqueduc sud

L’aqueduc sud appelé « des Baux » ou de « Caparon » était beaucoup plus court : une quinzaine de kilomètres. Il est principalement connu à partir de la commune de Paradou où le conduit est visible dans le lotissement des Alpilles. Il se dirige vers l’ouest au flanc du Sousteyran pour gagner le vallon des Arcs et de là les moulins. Autrefois branche orientale de l’aqueduc d’Arles, il alimentait les moulins de Barbegal.

Le pont qui en portait le canal a été construit à l’est du pont de l’aqueduc d’Arles qu’il double. C’est le seul ouvrage important. Le conduit qui peut être observé en plusieurs endroits est d’un gabarit légèrement inférieur à celui d’Arles.

La question des sources

eau

L’aqueduc de Nîmes captait une source vauclusienne d’un débit excédant les capacités de la canalisation romaine. Il n’en existe pas d’équivalent dans les Alpilles. Les deux conduites sont alimentées par plusieurs sources qu’il est souvent difficile d’identifier et de distinguer de celles qui servaient à l’alimentation de villae. Aucun captage romain n’est connu, ce dont il n’y a pas lieu de s’étonner car les sources ont été utilisées de manière continue bien antérieurement à l’époque romaine.

On ignore le point de départ précis de l’aqueduc sur le versant nord des Alpilles. Le canal est connu avec certitude à partir du Mas Créma sur la commune de Mollégès. Mais on a émis l’hypothèse d’un premier captage sur la commune d'Eygalières à la chapelle Saint-Sixte. L’hypothèse la plus vraisemblable est que l’on a capté la nappe qui forme les marais de Noves. C’est probablement elle qui alimentait le canal du Moulin ou Béal de Saint-Rémy.

L’origine de l’aqueduc de Barbegal est en principe plus clairement établie. On considère en effet qu’à l’est, le captage comportait une première branche venant d’Entreconque alimentée par la source de Manville et une seconde branche venant de l’Arcoule. Mais ces captages restent hypothétiques. Il en va de même de la branche qu’auraient alimentée les sources du vallon d’Auge et qui aurait rejoint l’aqueduc nord vers Fontvieille.

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