Site du parc naturel des Alpilles

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Le patrimoine naturel des Alpilles

Les Alpilles forment le dernier relief avant le grand delta du Rhône. Isolé entre les plaines du Rhône et de la Durance, les grands territoires du Comtat Venaissin et de la Crau, le relief des Alpilles apparaît comme une île. Cette domination du massif sur les plaines sans transition lente en fait son originalité. Au sommet du triangle d’or de la biodiversité Camargue - Crau -Alpilles, le territoire du Parc offre une complémentarité d’habitats naturels rarement observée, où les milieux humides (canaux, mares temporaires…) se mêlent intimement aux espaces secs de la colline.
Cette richesse écologique est le fruit de conditions naturelles exceptionnelles, façonnées et diversifiées par plus de 4 000 ans de civilisation.

Les sols que l’on foule en se promenant sur les crêtes ou dans les vallons des Alpilles sont nés durant l’ère secondaire.
La mer les recouvrait alors, déposant au fil du temps, des millions d’années durant, les fines particules de calcaire blanc qui font aujourd’hui la beauté et l’originalité du massif. Après le retrait des eaux, au crétacé, la Provence subit une longue phase de plissements qui feront apparaître l’essentiel des reliefs. Exposés aux vents, aux pluies et au soleil, ces plis immaculés découperont lentement les fines dentelles de pierre typiques des Alpilles. Emergeant des plaines comme une île au milieu de l’océan, ces montagnes tourmentées n’ont pas eu besoin de s’élever bien haut pour paraître s’élancer à la conquête du ciel.

zones humides

D’aspect aride, le massif n’en demeure pas moins un discret château d’eau qui digère, à travers failles et craquelures, l’eau des pluies tombées sur les crêtes. C’est cette eau qui alimente les sources autour desquelles les hommes se sont fixés. Les premières traces d’occupation retrouvées dans le massif remontent ainsi à la protohistoire*.Régulièrement habité depuis, il recèle de très nombreux vestiges des différentes époques. Plus de 200 sites archéologiques et une centaine de constructions classées ou inscrites à l’inventaire des monuments historiques sont ainsi répertoriés. Outre l’eau, il est vrai que l’espèce humaine a toujours trouvé dans les Alpilles et les plaines alentours suffisamment de terres fertiles, de formidables matériaux de construction – le calcaire, l’argile, le bois – et une situation géographique privilégiée qui allait, au fil des siècles, placer toute la région au coeur du monde civilisé.

petit duc

Hivers doux, étés chauds et secs, vent violent et sols squelettiques font de ce territoire un lieu de prédilection pour des milieux naturels exceptionnels et souvent peu répandus, comme les pelouses sèche méditerranéennes, avec la faune sauvage qui leur est associée. La superficie importante des espaces naturels du Parc, ses escarpements rocheux et une pression humaine encore modérée en font également un espace favorable à la nidification d’espèces rares et menacées, comme l’Aigle de Bonelli (lien L’Aigle de Bonelli) ou le Vautour Percnoptère (lien Le vautour percoptère), Jalonné de nombreuses cavités (grottes, carrières…), ce territoire est également un site clé pour les populations de chauves-souris du Sud de la France.

Certaines de ces espèces emblématiques et rares nécessitent des mesures de gestion et de protection particulières, en raison de leur valeur patrimoniale et des menaces auxquelles elles sont soumises.

  • Quatre espèces d’oiseaux : l’Aigle de Bonelli, le Vautour percnoptère, le Faucon crécerellette et le Hibou grand duc, toutes menacées et protégées.
  • Le Lézard ocellé est certainement l’espèce la plus emblématique du Parc. En déclin généralisé en France, comme dans la Crau et les Alpilles, il bénéficie d’une protection internationale.
  • Le Pélobate cultripède, protégé également internationalement, est rare sur les Alpilles.
  • Le Minioptère de Schreibers, rare dans les Bouches-du-Rhône et protégé internationalement, est très localisé dans le massif où l’ancienne carrière de Glanum est un des 3 plus importants sites d’hivernage français, avec 15% des effectifs nationaux.
  • Plusieurs espèces végétales font l’objet d’une protection nationale, comme la Nivéole d’été ou l’Hélianthème à feuille de Marum.

D’autres sont protégées au niveau régional et sont rares sur le territoire comme le Grand Ephèdre (crêtes des Opies, plateau de la Caume) ou l’Ophrys de Provence.

La valeur biologique du Parc a d’ailleurs été reconnue, sur le plan international et national, au travers de multiples mesures de protection et de désignation à des inventaires (Arrêtés préfectoraux de Protection de Biotopes, zone Natura 2000.

Flore

Malgré ces reconnaissances officielles, ce capital naturel demeure fragile, et étroitement lié à l’évolution des activités des hommes. Les tendances actuelles (surfréquentation, mutations agricoles, urbanisation dispersée…) font peser des menaces vitales sur une partie des espèces et de leurs habitats. L’avenir de certaines d’entre elles se joue déjà, sous nos yeux : six couples de Vautours percnoptère étaient encore présents dans nos collines au début des années 80 ; aujourd’hui, il n’en reste plus qu’un.

C’est pourquoi la préservation du patrimoine naturel est au cœur de l’action du Parc Naturel Régional des Alpilles.

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