Défense de la forêt contre les incendies

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Le Parc, acteur central de la DFCI, défense de la forêt contre les incendies

La défense du massif forestier des Alpilles contre les incendies est un des rôles majeurs du Parc naturel régional des Alpilles et un de ceux qui mobilise le plus de moyens humains et financiers. Depuis sa création, le Parc, véritable pivot de l’action DFCI, agit à tous les niveaux de cet enjeu. Par la sensibilisation et l’information au public, l’accompagnement et le conseil aux différents acteurs (communes, propriétaires, exploitants, etc.) mais également en programmant et en coordonnant l’ensemble des travaux nécessaires à la lutte contre les feux de forêt dans le cadre du Plan intercommunal de débroussaillement et d’aménagement forestier des Alpilles (PIDAF). L’animation pluridisciplinaire du Parc naturel régional des Alpilles permet d’intégrer tous les enjeux du territoire (fréquentation, paysage, biodiversité, sylviculture, économique, etc.) et d’avoir une vision globale de la gestion de la forêt. Ce travail préventif mené par le Parc, en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés du territoire, a pour objectif de réduire au maximum le risque incendie et de limiter les dégâts en cas de sinistre.

Des outils pour faciliter le travail des services de secours

Le territoire bénéficie depuis 2015 d’une base de données cartographique qui inventorie tous les ouvrages DFCI (pistes, citernes, etc.). Cet outil est partagé par tous les acteurs et permets de faciliter l’intervention des services de secours. Par ailleurs, la hiérarchisation des ouvrages permet au Parc des Alpilles, avec la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) et le SDIS, de prioriser et de phaser les investissements à réaliser notamment dans le cadre du PIDAF. Cet outil offre également une grande aide au montage des dossiers de demandes de subventions. En 2018, l’Atlas a fait l’objet d’une mise à jour des informations.

Le PIDAF des Alpilles : Plan Intercommunal de Débroussaillement et d’Aménagement Forestier des Alpilles

Le PIDAF est l’outil de planification majeur de la Défense de la forêt contre les incendies. Créé en 1995 et actualisé en 2009 pour l’ensemble du Parc, le PIDAF propose un programme annuel d’actions, élaboré en cohérence avec les objectifs de la Charte du Parc, pour améliorer la prévention des incendies de forêt. Il peut s’agir d’opérations de débroussaillement, de création ou d’entretien de pistes DFCI, ou de citernes d’eau. Le Parc naturel régional des Alpilles coordonne l’ensemble des partenaires réunis en commission PIDAF et organise l’ensemble des travaux pour le compte du territoire.
Pour chacune des opérations réalisées, le Parc prend en charge la totalité du dossier : définition du programme annuel, démarches d’autorisation, évaluation des coûts, recherche et obtention des financements, procédures de marchés publics, suivi des travaux, etc. Une campagne de communication est menée par un affichage pédagogique dans les mairies des communes concernées, la diffusion via site web et mailing ainsi qu’un affichage informatif sur les sites des travaux. En outre, chaque chantier est suivi par un comité technique rassemblant le maître d’œuvre, le maître d’ouvrage, la commune, les entreprises, les sapeurs-pompiers, le président de la société de chasse et les associations partenaires. Ces comités se sont rassemblés en amont lors de la construction des projets puis de façon hebdomadaire pendant toute la durée des travaux.

2018, lancement de l’actualisation du PIDAF

Le PIDAF est arrivé à terme fin 2019. Dans cette perspective, le Parc, à travers ses communes, a engagé depuis près de deux ans une réflexion plus globale de la gestion DFCI à l’échelle du territoire en prenant en compte l’intégration des enjeux pastoraux, agricoles, économiques (filière bois), paysages et fréquentation. Ces enjeux participent à la valorisation des espaces naturels et forestiers ainsi qu’à leur préservation face au risque incendie. Cette approche nouvelle et complexe nécessite une requalification de la dénomination du PIDAF en Plan de massif (PDM).

Pour ce travail le Parc est assisté d’un bureau d’étude : la Société du Canal de Provence. Il s’est constitué en groupement pour démultiplier les compétences spécifiques, avec la Chambre d’Agriculture (CA), le Centre d’Études et de Réalisations Pastorales Alpes-Méditerranée (CERPAM) et le bureau d’étude BOLEA pour la partie forestière.

L’étude est organisée autour de quatre phases :

  • 1ère phase : état des lieux, analyses et synthèses du PIDAF actuel DIAGNOSTIC_PMPFCI_ALPILLES ;
  • 2ème phase : orientations, stratégies et carte d’objectifs ORIENTATIONS_PMPFCI_ALPILLES ;
  • 3ème phase : élaboration d’un programme de travaux, d’investissement et d’entretien, à but DFCI en tenant compte des autres actions possibles en matière de coupes forestiers, d’aménagements agricoles ou pastoraux ;
  • 4ème phase : au regard des propositions d’actions de la phase 3, proposer des préconisations d’animations, de gestions et de techniques, pour la préservation des paysages et de la biodiversité.

Le territoire des Alpilles a une forte histoire sur les incendies de forêt. Souvent traversées par de grands feux de forêt qui ont bouleversé les paysages et les Hommes (1989, 1999, 2003, 2007, 2012), les communes des Alpilles ont décidé de se regrouper afin de développer une stratégie DFCI à l’échelle du massif. Elles ont ainsi confié cette mission au Parc naturel régional des Alpilles en lui déléguant la compétence DFCI. Depuis sa création en 2007, le Parc anime la politique DFCI et pilote un document de planification et de stratégie DFCI que l’on nomme le PIDAF (Plan Intercommunale de Débroussaillement et d’Aménagement Forestier).

Une stratégie partagée 

Eviter autant que possible les feux de forêt passe par une vigilance de tous les instants, une communication et information forte et également par la réalisation de travaux DFCI. Ces derniers ont pour objectifs de faciliter et sécuriser l’accès au massif aux services de secours, de limiter la propagation des incendies en réduisant, sur des secteurs bien précis, la densité de la végétation et de créer des zones moins sensibles à un incendie proche des lieux habités. Le but est d’agir avant pour éviter d’avoir à intervenir trop tard.

Bien qu’étant en charge de l’animation de cette démarche pour l’ensemble du massif forestier des Alpilles, le Parc ne décide de rien seul. Sa manière de faire consiste à réunir tous les acteurs et partenaires concernés afin de définir une stratégie DFCI partagée par tous. D’autre part, le Parc réunit autour d’une commission l’ensemble des élus, partenaires locaux et acteurs de la DFCI afin de mettre en œuvre un  programme de travaux DFCI efficace en tenant compte des autres enjeux du territoire tels que la fréquentation du massif, la préservation des paysages, le développement de la sylviculture, le maintien de la biodiversité.

Le Parc des Alpilles gère également les demandes de subventions et le suivi de chantiers. Ce sont ainsi en moyenne 200.000,00 €HT annuels de crédits européens, nationaux, régionaux, départementaux qui sont mobilisés par le Parc sur ce territoire pour le préserver des incendies de forêt. Avec un financement de 80%, ces travaux d’intérêt général ont fait la preuve de leur efficacité en réduisant notablement la fréquence et l’impact des incendies dans les Alpilles. Parce qu’un incendie ne s’arrête pas à une limite communale, il s’agit d’un dispositif vertueux basé sur la solidarité territoriale. A ce titre, chaque commune participe à son financement pour les 20% restant.

Des travaux au cœur d’un espace naturel 

Les travaux de défense des forêts contre les incendies peuvent être de différentes natures :

  • Une éclaircie à but DFCI dans un peuplement forestier généralement réalisé proche de zone urbaine pour préserver le massif et protéger les habitations. Il se réalise de la manière suivante :
    • mettre à distance les arbres pour diminuer le risque d’un passage d’un incendie de forêt par le houppier,
    • enlever les premières branches pour éviter le passage du feu du bas vers le haut de l’arbre
    • débroussailler une partie du sous étage afin de limiter le passage du feu au sol.

 

  • Le traitement de la végétation le long des pistes DFCI. Un incendie de forêt génère une très grande chaleur qui peut brûler les véhicules et les hommes avant même l’arrivée des flammes. Le but de ce traitement est principalement la protection des pompiers lors de la lutte. Il se réalise de la manière suivante :
    • sur 25 m de part et d’autre de la piste
    • mise à distance importante des arbres pour supprimer le risque d’un passage d’un incendie de forêt par le houppier
    • enlever les premières branches pour éviter le passage du feu du bas vers le haut de l’arbre
    • débroussailler 80% du sous étage afin de supprimer le risque d’un passage du feu au sol et diminuer l’intensité de la chaleur provoqué par l’incendie.

 

  • Mises aux normes d’ouvrages DFCI tels que :
    • Citernes d’eau, pour que les pompiers au moment de leur intervention puissent avoir des réservoirs d’eau disponible dans le massif
    • Pistes DFCI, pour que les pompiers aient un accès utilisable et sécurisé aux normes de leurs véhicules d’intervention porteurs d’eau
    • Bornes de signalisation, afin que les pompiers puissent mieux se repérer dans le massif et améliorer le temps d’intervention sur un feu naissant.
    • Barrières DFCI, afin de limiter l’accès et la fréquentation de véhicules motorisés qui d’une part sont interdits dans un espace naturel et d’autre part engendre un risque feux de forêt

Mise aux normes d’ouvrages DFCI, réseaux de pistes :

Les travaux de mises aux normes consistent en une remise en état des portions de la bande de roulement des pistes DFCI empruntées par les pompiers lors de leurs interventions. Pendant les travaux plusieurs engins de génie civil sont présents. Ce sont des machines que nous avons plus l’habitude de voir en milieu urbain, mais seuls aptes à réaliser les travaux de manières durables.

Les engins qui sont utilisés sur le chantier :

  • Un Brise Roche Hydraulique (BRH) notamment pour casser les têtes de rochers présents sur la piste,
  • Un bulldozer ou pelle mécanique à pneus pour mettre en forme la piste, créer des revers d’eau et soulever les blocs rocheux,
  • Une niveleuse constituée d’une lame de grande largeur qui permet de régler en hauteur des couches de matériaux,
  • Un compacteur rouleau de 12 tonnes servant à tasser le sol de la voie carrossable.

Ces pistes ont fait l’objet d’une prise de servitude de passage et d’aménagement DFCI par arrêté préfectoral (lien sur article servitude)

AL116 : Cette piste est située à l’Est de la commune de Maussane-les-Alpilles, en plein cœur du massif des Alpilles. Elle prend son départ au niveau de la piste AL115 sur la commune de Saint-Rémy-de-Provence et rejoint la Départementale 78. Elle dessert plusieurs pistes DFCI transversales.  C’est la seule piste avec un  accès au massif par le piémont Sud qui traverse dans sa largeur le massif. Historiquement utilisé lors des grands incendies 1999 et 2003, ce secteur est identifié comme un lieu stratégique de lutte.

AL 220 : Elle prend son départ au niveau du chemin du Mas rouge sur la Départementale 5, commune des Baux-de-Provence et rejoint la piste AL116. Cette piste permet l’accès au massif par le piémont Sud. Elle relie la RD24 à la piste AL 116 sur le flanc Sud en débouchant sur une citerne enterrée de 60 m3.

AL 117/AL 222 : Cette piste AL 222 relie la RD24 à la piste AL 117 et permet d’avoir un accès rapide au cœur du massif. Le premier tronçon dégradé se situe dans un vallon où les eaux de ruissellement accumulées ont abîmé la piste AL 222. Le second tronçon dégradé se situe sur la piste AL 222 au-dessus de l’intersection avec l’accès DFCI reliant la RD24. La bande de roulement laisse apparaitre plusieurs blocs rocheux ralentissant la progression des véhicules. Le tronçon concernant la piste AL 117 consistera à une reprise de virage sur 80 ml environ.

AL 120 : Cette piste traverse les communes d’Orgon, Sénas, Eyguières et Eygalières. Cet ouvrage, situé dans une zone d’aléa exceptionnel, permet de relier le massif d’Est en Ouest.  C’est l’un des ouvrages DFCI structurant du Massif.

Mise aux normes d’ouvrages DFCI, signalisation DFCI :

La mise en place de panneaux de signalisation est une opération rapide. Ils nécessite une mini pelle pour faire un trou dans lequel est fixée une borne en béton avec une inscription identifiant le numéro de la piste ou le numéro de la citerne.

Beaucoup de citernes DFCI enterrées ne sont plus visibles depuis les véhicules d’intervention et il existe de nombreux chemins forestiers, pistes communales ou chemins de chasse qui entrainent le risque d’égarement des engins de secours, la dispersion des moyens, voire la mise en danger des soldats du feu.

Afin de faciliter l’identification des points d’eau et les directions à emprunter, nous installons des bornes de signalisation visibles de jour comme de nuit. Nous avons engagé dès 2018 la mise en place de ces bornes de signalisation. Aujourd’hui c’est la dernière tranche.

Une éclaircie à but DFCI dans un peuplement forestier, secteur des Baux-de-Provence :

Cette éclaircie est située au Nord de la commune des Baux-de-Provence, en haut du vallon du Val D’enfer, lieu très fréquenté, basculant ensuite sur la commune des Baux-de-Provence. Les travaux consistent à réduire la végétation arbustive et arborée, par le biais d’une coupe dans les arbres, d’un élagage des arbres conservés suivi d’un broyage d’une partie de la végétation arbustive. Le but de cette opération permet de canaliser un départ de feux provenant de la plaine Nord des Alpilles ou en cas de départ de feux via la Départementale. C’est un projet très attendu par les pompiers et la commune des Baux-de-Provence car il se situe dans une zone identifiée comme « point noir » des Alpilles, c’est-à-dire, une zone où la vulnérabilité, l’aléa et les enjeux sont considérés comme exceptionnels.

Ce projet de 19 ha se découpe en deux parties :

  • L’une de 13 ha, en coordination avec l’ONF, vise à réajuster la 1ère coupe de bois, pour lui donner un caractère DFCI. Elle est suivie d’un élagage des tiges restantes et d’un broyage d’une partie de la végétation en sous-bois.
  • L’autre de 6 ha, se concentre sur les pentes les plus fortes pour effectuer une coupure de combustible contiguë à la première en réalisant l’ensemble des travaux (abattage, élagage, broyage et débroussaillement sous-étage).

C’est une opération avec de multiples enjeux tels que le paysage, la fréquentation ou la biodiversité. La prise en compte de ces spécificités environnementales engendre un mode de réalisation minutieux et rigoureux pour obtenir une opération intégrée et respectueuse des enjeux environnementaux. Par exemple, sur ce chantier on réalise des ouvertures en privilégiant les formes douces, sinueuses avec maintien de lisières et ou d’îlots, on conserve des alvéoles de végétation dans les zones de clairières, des arbres à cavités et des arbustes à baies. Aucune coupe n’est faite dans les vallons et les arbres susceptibles de causer des dégâts sont conservés ou câblés. Les interventions sont faites hors des périodes de reproduction et de nidification.

Une éclaircie à but DFCI dans un peuplement forestier, secteur d’Orgon :

Cette éclaircie est située en aval du site de Notre-Dame de Beauregard, à proximité immédiate du lac et du camping de la Vallée Heureuse sur la commune d’Orgon. Le but de cette opération est de ralentir un départ de feux en bordure de la route d’accès au camping ou venant du site de Notre-Dame, sur un secteur fortement fréquenté pendant la période estivale.

Ce projet de 2 ha consiste à réduire la végétation, par le biais d’une éclaircie DFCI, d’un élagage des arbres conservés suivi d’un broyage de la végétation arbustive. L’éclaircie est dans un secteur à forte pente avec la présence d’anciennes banquettes dégradées et d’un chemin de promenade entre le parking du lac est celui de Notre-Dame de Beauregard.

L’objectif est d’obtenir une zone débroussaillée de manière harmonieuse et paysagère. Pour ce faire, dans les fortes pentes les arbres ne sont pas abattus, l’ensemble du débroussaillement se fait manuellement. Le long du chemin, les oliviers et arbustes à baies sont mis en valeur et la sortie des bois abattus se fait par un câble tiré du bas de la pente. L’intervention se fait hors des périodes de reproduction et de nidification.

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