Programme européen régional FEDER/FSE+/FTJ 2021-2027
Auvergne-Rhône-Alpes & territoires Rhône-Saône et Massif Central
Etude de restauration d’une zone humide dans la Vallée des Baux
Ce projet de restauration de tourbière en Méditerranée vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en préservant la biodiversité et les activités agricoles, faisant de cette initiative un modèle innovant de gestion durable des écosystèmes fragiles et du stockage de carbone.
Contexte et objectif :
Les tourbières, avec un sol riche en matière organique, constituent l’un des principaux réservoirs de carbone des sols au niveau mondial, représentant une quantité équivalente à celle du carbone dans l’atmosphère. Ce stock de carbone est fragilisé par le drainage des tourbières, notamment après la Seconde Guerre mondiale, entraînant la dégradation de la matière organique et des émissions de gaz à effet de serre représentant près de 5 % des émissions mondiales annuelles. En plus de leur rôle crucial dans la régulation de l’eau, elles abritent une biodiversité unique et menacée. La restauration écologique, par le rétablissement des niveaux de nappe, est aujourd’hui une priorité pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et récupérer les services écosystémiques, avec des approches agroécologiques permettant de concilier conservation du carbone, biodiversité et exploitation agricole.
En 2022, des propriétaires dans la vallée des Baux ont contacté le Parc naturel régional des Alpilles et de Camargue pour restaurer la zone humide présente sur leur propriété, une grande tourbière de 50 ha. Depuis 70 ans, un drainage intensif a provoqué un affaissement du sol de plus d’un mètre, affectant la biodiversité et augmentant les émissions de gaz à effet de serre. Les propriétaires souhaitent restaurer le fonctionnement de cette zone humide tout en préservant l’exploitation agricole.
Un groupe d’experts et d’acteurs locaux a été constitué depuis 2023 pour soutenir cette démarche, avec le Parc des Alpilles comme coordinateur. Ce projet innovant vise à concilier la réduction des émissions de CO2, la restauration de la biodiversité et la préservation de l’agriculture, en étant l’une des premières restaurations écologiques de tourbière en Méditerranée.
Méthodologie et/ou moyens déployés :
Le projet global se réalisera en deux phases, une phase d’étude qui à l’issue du diagnostic multithématique de la propriété permettra de proposer des scénarios de restauration, et une phase opérationnelle qui sera définie selon le scénario retenu.
La phase d’étude déploie des protocoles scientifiques, d’ordres biologiques, hydrologiques et agronomiques, partagés et coconstruits par tous les partenaires du projet pour mener à bien l’élaboration des différents scenarios de restauration qui seront présentés au propriétaire et choisis de manière éclairée en discussion avec les acteurs du projet.
Résultats ou résultats attendus :
La première perspective de ce projet est la phase 2 du projet de restauration, à savoir la mise en application du scénario de restauration qui sera sélectionné à l’issue de la phase 1. Mais au-delà de cette restauration, ce projet pourra servir de modèle, à la fois dans l’optique de répliquer ce type d’approche à d’autres sites tourbeux en contexte méditerranéen en France ou ailleurs dans le bassin méditerranéen. Enfin, l’approche expérimentale déployée permettra également de valoriser les acquis scientifiques de ce projet, tout en offrant l’opportunité d’explorer de nombreuses questions jusqu’alors non documentée (quantification des émissions de gaz à effet de serre de tourbière méditerranéenne en contexte de restauration, restauration de prairies humides méditerranéennes sur sol tourbeux, …).
Avec les soutiens financiers de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse et des Fonds européen de développement régional.


