Les Alpilles, poumons, gardiennes de la mémoire historique et vivante de la Provence.
C’est dans la vie des villages, imprégnée d’une profonde tradition rurale, que la culture provençale a puisé ses racines et s’est épanoui.
Entre Crau, Camargue, Durance et au cœur du Pays d’Arles, le Parc des Alpilles a pour première force une culture commune à tous ces habitants. Celle-ci s’exprime de manière intense autour d’éléments forts alliant bouvine, fêtes locales, costume d’Arles, cuisine provençale. Elle s’exprime aussi à travers un foisonnement artistique et créateur d’œuvres les plus simples et les plus insolites jusqu’aux chefs d’œuvre les plus exceptionnels.
Fêtes et traditions
Les fêtes traditionnelles rythment la vie des villages des Alpilles tout au long de l’année, souvent liées encore au calendrier agricole, célébrant les saisons et les récoltes (moissons, olivades, vendanges…) : fêtes de la transhumance, feux de la Saint-Jean, pegoulado, carretto ramado, fêtes votives, fêtes calendales… Elles sont un moment d’expression privilégié pour la musique et les danses, le costume traditionnel du Pays d’Arles, la célébration du taureau camarguais, ou biòu…
Si le biòu est au centre de la majorité des fêtes, avec les abrivado, les bandido, les encierros et bien sûr les « courses à la cocarde », ces dernières sont des fêtes à elles toutes seules, tant la fé di biòu, le culte du taureau camarguais, anime et passionne encore les foules de part et d’autre du Rhône. Les arènes des Alpilles sont les lieux des grands rendez-vous de la bouvine et font accourir de mars à novembre les passionnés de Provence, du Languedoc et aujourd’hui de bien d’autres contrées. Elles sont des lieux de convivialité par excellence, de rassemblement des hommes et des femmes toutes générations et catégories sociales confondues.
Loin des stéréotypes que voudrait imposer une vision mercantile, la ferveur qui anime les habitants de cette terre de passion et l’engouement qu’elle suscite auprès des jeunes générations, témoigne de ce partage de génération en génération entre habitants d’ici et d’ailleurs.
Pour vivre, cette culture doit continuer à être une réalité pour les habitants, ancrée dans la vie quotidienne et vécue avec ferveur les jours de fêtes.
Le Pays profond se perpétue et se préserve autrement et ailleurs, dans le quotidien, le travail, les arènes, dans une intimité conviviale qui ne s’expose pas…
E. Duret et P. Martel
Le costume d’Arles
Il est l’objet de beaucoup de patience et d’attention dans sa confection et son apprentissage, transmis de génération en génération, illustrant toute l’importance et la signification qu’il revêt, du lien social qu’il représente.
En savoir + avec le Museon Arlaten
La gastronomie
La cuisine provençale ancrée bien sûr dans le quotidien et indissociable du terroir agricole, est un des éléments très importants de ce patrimoine vivant, de ses productions locales, mais aussi des grands rendez-vous qui rythment l’année de la transhumance à Noël.
Parcourir les terroirs diversifiés et leurs paysages iconiques, découvrir les productions variées, collecter les produits de qualité et prendre le temps de les cuisiner sont autant de manières d’aborder pleinement ce territoire et de le redécouvrir au rythme des saisons. Dans les villages les marchés paysans accueillent toute l’année l’ensemble de ces produits dans une synthèse authentique et gourmande.
Ici on peut encore déguster, suivant la recette traditionnelle, l’aïoli, l’anchoïade, la riste d’aubergine, les olives cassées, la pompe à huile, la fougasse, le crespèu… qui ont bien sûr pour ingrédient commun l’olive ou l’huile d’olive, que certaines entreprises locales ont su faire connaître dans le monde entier.
Dynamisme culturel
Célébrées par Mistral et les Félibres, les Alpilles sont devenues, sous la plume des poètes et le pinceau des peintres, emblématiques de la Provence et de son art de vivre.
Nombreux sont ceux qui les ont parcourues, nombreux sont ceux qui s’y sont installés, chantant la beauté mystique des vagues pétrifiées par le vent, glorifiant une société paysanne vivant au rythme des saisons.
Cette « barre de montagne, dont les mamelons, les rampes, les falaises et les vallons bleuissent du matin aux vêpres, plus ou moins clairs ou foncés, en hautes ondes » est devenue un paysage mythique. La lumière et la couleur, cristallines et mouvantes, si chères à Van Gogh, sont ici plus vivantes, plus palpables qu’ailleurs. Depuis Chabaud, Brayer, Serra et Lelée – pour n’en citer que quelques uns, elles exercent toujours un pouvoir de fascination sur les artistes peintres.

Mais au-delà des peintres célèbres, ce territoire source d’inspiration et d’échanges bénéficie de tout un foisonnement individuel et pluriel de créations actuelles.
Les œuvres culturelles d’hier et d’aujourd’hui puisent leur inspiration dans ce qui fait vécu, expérience. La culture provençale loin d’être un musée s’enrichit de l’expérience des hommes et ne peut être en cela dissociée de tout projet d’ouverture vers l’avenir. Le passé s’entremêle avec la vie moderne dans un formidable bouillonnement culturel et artistique animé par plus de 400 acteurs culturels très dynamiques. Peinture, danse, musique, théâtre… toutes les formes d’expression artistique sont présentes.













